
Le taux de référence publié par une banque centrale est un repère, pas un prix. C'est ce qu'utilisent les contrats, la douane et la comptabilité. Mais dès que vous changez de l'argent à un guichet, un autre chiffre s'applique — et c'est toujours celui qui vous est le moins favorable.
Cours acheteur et cours vendeur
Un bureau de change affiche deux cours, et les deux sont écrits de son point de vue, pas du vôtre.
- Le cours acheteur est ce que le bureau paie pour vous acheter des devises. Quand vous vendez des livres sterling, c'est votre cours — et il est toujours en dessous du taux moyen.
- Le cours vendeur est ce que le bureau demande pour vous en vendre. Quand vous achetez des livres, c'est votre cours — et il est toujours au-dessus du taux moyen.
D'où la règle à retenir : le meilleur cours pour vous est le cours acheteur le plus élevé quand vous vendez, et le cours vendeur le plus bas quand vous achetez. C'est l'inverse de ce qui arrange le bureau, ce qui explique qu'on l'inverse si facilement.
Le spread est le vrai prix
L'écart entre le cours vendeur et le cours acheteur est le spread, et c'est ce que le bureau gagne à faire circuler l'argent dans un sens comme dans l'autre. Une commission n'est souvent pas facturée séparément : la marge est déjà dans l'écart.
Concrètement : si un bureau achète la livre sterling à 1,14 € et la vend à 1,19 €, le spread vaut cinq centimes par livre. Changez dans un sens puis immédiatement dans l'autre et vous perdez à peu près ce spread, sans avoir rien fait du tout.
Ce que cela coûte sur un montant réel
Un demi pour cent ne paraît pas grand-chose tant qu'on ne l'a pas multiplié.
| Montant | Spread de 0,5 % | Spread de 3 % |
|---|---|---|
| 100 € | 0,50 € | 3 € |
| 500 € | 2,50 € | 15 € |
| 5 000 € | 25 € | 150 € |
À cent euros, la différence vaut un café et marcher jusqu'à un meilleur guichet n'a pas de sens. À plusieurs milliers — une voiture, un acompte, un virement important — le même pourcentage devient la raison d'aller voir deux ou trois endroits.
Comparer correctement
Trois règles couvrent presque tout.
- Lisez la colonne qui vous concerne. Opposer le cours acheteur d'un bureau au cours vendeur d'un autre n'est pas une comparaison.
- Demandez le montant final, pas le taux. Un meilleur cours assorti d'une commission de 1 % perd contre un cours moins bon sans commission.
- Mesurez par rapport au taux de référence. La distance entre ce qu'on vous propose et le taux moyen publié résume tout le coût en un seul nombre.
Pourquoi les spreads varient autant
Ce n'est pas arbitraire. Le spread d'un bureau reflète ce que lui coûte la détention de cette monnaie : la facilité avec laquelle il pourra la revendre, le volume de billets immobilisés dans un tiroir, et la volatilité de la paire.
L'euro contre le dollar, la livre ou le franc suisse se traite avec des écarts minces : ces monnaies circulent en permanence. Une monnaie qui passe rarement par la caisse supporte des écarts larges — ce qui explique qu'acheter une devise exotique loin de son pays d'origine soit presque toujours une mauvaise affaire.
Certaines monnaies ne se changent tout simplement pas ici : le dinar tunisien et le dirham marocain ne s'échangent pas hors de leur pays, et il n'existe donc ni cours acheteur ni cours vendeur pour eux dans un bureau français.
Une dernière chose sur les billets
Le spread dépend aussi de la coupure. Beaucoup de guichets appliquent un cours moins favorable aux petites coupures qu'aux grosses, pour la même monnaie, parce que le tri et la manipulation coûtent la même chose quel que soit le montant.
Les comptoirs d'aéroport sont le cas extrême de tout ce qui précède, et la raison tient à l'emplacement plutôt qu'à la monnaie.
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