
Quand de l'argent arrive de l'étranger, l'attention se porte presque entièrement sur le taux de change. Or le taux est en général le plus petit des trois coûts du trajet.
Coût numéro un — les frais de l'expéditeur
Celui qui envoie paie des frais à sa banque ou à son service de transfert. À l'intérieur de la zone SEPA et en euros, ces frais sont légalement alignés sur ceux d'un virement national : le plus souvent zéro. Dès qu'on sort de l'euro ou de la zone SEPA — la Suisse hors euro, le Royaume-Uni, le Maroc, la Tunisie, les États-Unis — ils réapparaissent, forfaitaires chez une banque, en pourcentage chez un opérateur de transfert.
Il y a là un choix facile à manquer : qui supporte les frais. Trois options existent sur un virement international, souvent notées OUR, SHA et BEN. Si le virement part avec tous les frais à la charge du bénéficiaire, une banque intermédiaire peut prélever sa part au passage — de sorte que la somme qui arrive est plus petite que la somme envoyée, sans que le taux de change y soit pour quoi que ce soit.
Coût numéro deux — les frais de réception
C'est le poste qui surprend le plus de monde, parce qu'il ne figure dans aucun tableau de cours.
Quand un virement hors zone SEPA arrive sur votre compte, la banque réceptrice facture des frais de traitement, souvent un pourcentage avec un minimum et un plafond. C'est distinct de la conversion, et c'est prélevé que vous convertissiez ou non.
Sur de gros montants, c'est négligeable. Sur des virements petits et réguliers — une aide mensuelle à un proche, des factures de free-lance, une pension versée depuis l'étranger — c'est souvent un coût plus lourd que l'écart de taux entre la meilleure et la pire banque.
Conséquence pratique : comparer les banques sur le seul taux donne ici la mauvaise réponse. Une banque au meilleur cours acheteur peut revenir plus cher qu'une banque au cours moins bon mais aux frais de réception plus faibles, dès lors que les montants sont petits et fréquents.
Coût numéro trois — la conversion
C'est seulement maintenant que le taux entre en scène. Quand la devise est convertie, la banque applique son propre cours acheteur, situé en dessous du taux de référence publié.
L'écart entre ces deux chiffres est le prix de la conversion. Sur 1 000 €, il va de quelques euros dans un établissement compétitif à vingt euros ou plus ailleurs.
Ce que la plupart des gens ignorent
Vous n'êtes en général pas obligé de convertir à l'arrivée. L'argent peut rester sur un compte en devises et être converti au moment que vous choisissez — ou ne jamais l'être, si vous le dépensez dans cette monnaie.
Cela compte dans deux situations.
- Un revenu régulier en devise. Convertir chaque virement séparément fait payer le spread à chaque fois. Accumuler et convertir moins souvent le fait payer moins souvent.
- Un paiement futur connu dans la même monnaie. Convertir pour dépenser puis reconvertir, c'est payer le spread deux fois sans raison. Une personne payée en livres qui passe ses vacances au Royaume-Uni n'a aucune raison de faire l'aller-retour.
Les opérateurs de transfert
Les services de transfert non bancaires facturent souvent des frais visibles et faibles, ce qui les fait paraître imbattables. Le point à vérifier est ailleurs : quel taux appliquent-ils. Certains annoncent explicitement le taux moyen du marché et facturent tout dans les frais ; d'autres affichent « zéro frais » et logent l'intégralité de leur marge dans le taux. Les deux modèles peuvent être corrects ou chers — le seul moyen de trancher est de regarder le montant crédité au bénéficiaire.
Comparer honnêtement
Additionnez les trois coûts sur le montant que vous déplacez réellement, à la fréquence à laquelle vous le déplacez réellement. Pour un virement unique et important, le taux domine et cela vaut la peine de chercher. Pour un petit virement mensuel, ce sont les frais fixes qui dominent et le taux ne pèse presque rien.
C'est un seul calcul, et il désigne en général un autre gagnant que le tableau des cours. Le convertisseur donne le montant théorique au taux de référence : la différence avec ce qui arrive vraiment sur le compte, c'est le total des trois coûts.
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