
Il y a une question qu'un terminal ou un distributeur pose à l'étranger au moment de payer, à laquelle la plupart des gens répondent mal, et qui sur des vacances peut coûter davantage que tous les autres frais réunis.
Elle s'énonce à peu près ainsi : « Souhaitez-vous être débité en euros ? »
La réponse est presque toujours non.
Ce qu'est la conversion dynamique de devise
Quand vous payez à l'étranger avec une carte émise en France, le montant doit bien être converti de la monnaie locale vers l'euro à un moment ou à un autre. Cette conversion peut se faire à deux endroits.
- Chez votre banque et le réseau de la carte. C'est le taux du réseau qui s'applique, majoré de la commission de votre banque. Ce taux reste proche du marché.
- Chez le commerçant ou l'exploitant du distributeur, sur place. C'est la conversion dynamique de devise, et le taux est fixé par celui qui possède le terminal.
La seconde option est vendue comme un service — « payez dans une monnaie que vous comprenez, connaissez le montant exact ». Cela paraît serviable. C'est un produit dont le prix est dissimulé dans le taux de change.
Ce que cela coûte
L'écart entre le taux du réseau et celui proposé par le terminal atteint couramment plusieurs pour cent. Sur un dîner, c'est négligeable. Sur dix jours de voyage avec quelques milliers d'euros de dépenses, cela finit par se voir.
Ce qui rend la chose glissante, c'est que le coût n'apparaît jamais comme un frais. Le ticket n'indique aucune « commission » : il affiche un montant net en euros, et c'est précisément là que réside le tour de passe-passe.
La règle qui tient toujours
Quand on vous propose un choix de monnaie, prenez la monnaie locale.
- En Suisse — des francs.
- Au Royaume-Uni — des livres.
- En Turquie — des livres turques.
- Au Maroc — des dirhams.
- En Tunisie — des dinars.
Laissez la conversion à votre banque. Elle n'est pas gratuite, mais elle est en règle générale nettement moins chère que celle du comptoir.
Les distributeurs fonctionnent pareil
Au retrait d'espèces, le distributeur propose le même choix, souvent avec une formulation qui laisse entendre que l'euro serait plus sûr ou plus avantageux. Il ne l'est pas. Choisissez la monnaie locale.
S'y ajoute un frais propre à l'exploitant du distributeur, sans rapport avec la conversion. Il est affiché à l'écran avant validation, et il n'y a pas grand-chose à faire à part retirer moins souvent et des montants plus élevés. Certaines banques et néobanques remboursent une partie de ces frais : cela se vérifie avant de partir, pas au distributeur.
Ce qu'on emporte, et ce qu'on n'emporte pas
Dans la zone euro, la question ne se pose pas : ni change ni conversion.
Pour la Suisse et le Royaume-Uni, acheter un peu de liquide en France à un taux que vous avez choisi vous-même est raisonnable, ces monnaies s'échangent partout et les écarts restent contenus.
Pour la Turquie, en revanche, acheter des livres turques à l'avance est en général un mauvais calcul : les écarts sur une monnaie peu traitée sont larges hors de son marché d'origine. Mieux vaut emporter des euros et changer sur place, ou payer par carte en monnaie locale.
Pour le Maroc et la Tunisie, la question est tranchée par la réglementation : le dirham et le dinar tunisien ne s'échangent pas hors de leur pays et leur sortie du territoire est interdite. On change à l'arrivée, et on pense à reconvertir avant de repartir, en conservant les justificatifs de change.
Vérifier au retour
De retour chez vous, comparez le montant débité sur le relevé au taux de référence de la date de l'opération. Un écart nettement supérieur à la commission habituelle de votre banque est le signe qu'une conversion dynamique a été appliquée quelque part — et une chose utile à retenir pour la fois suivante.
Les graphiques de change permettent de retrouver le niveau d'une paire à une date donnée, ce qui suffit pour faire ce contrôle en deux minutes.
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