
Un tableau de cours a l'air de se lire tout seul : une monnaie, un nombre. En pratique, la même paire peut y figurer sous quatre formes différentes, et il faut savoir laquelle on regarde avant de faire la moindre multiplication.
Trois familles de tableaux
| Type | Qui le publie | À quoi il sert |
|---|---|---|
| Liste de référence | Une banque centrale | Contrats, comptabilité, statistiques |
| Liste commerciale | Une banque, un bureau de change | Ce que vous paierez réellement |
| Cotation de marché | Un fournisseur de données | Suivre le marché en continu |
La confusion la plus fréquente consiste à lire un chiffre de la première famille en croyant qu'il appartient à la deuxième. Un taux de référence n'est pas une offre : personne ne change d'argent à ce cours-là, comme l'explique le taux moyen du marché.
Les colonnes
Une liste complète en contient jusqu'à six.
- Le code de la devise. Trois lettres normalisées : CHF, GBP, USD, MAD, TND. Les deux premières désignent en général le pays, la troisième la monnaie. C'est le seul identifiant fiable — les noms se ressemblent trop d'un pays à l'autre.
- L'unité de cotation. Le nombre d'unités auquel le prix se rapporte : 1, parfois 100 ou 1 000.
- Le cours acheteur. Ce que l'établissement paie pour vous acheter la devise.
- Le cours vendeur. Ce qu'il demande pour vous en vendre.
- Le taux de référence ou taux moyen. Le point milieu, publié à titre indicatif.
- La variation. L'écart avec la publication précédente, en valeur ou en pourcentage.
Une liste de banque centrale ne contient souvent que l'unité et le taux de référence. Une liste de bureau de change contient les deux cours et rarement le reste.
Le sens de la cotation
C'est le piège le plus coûteux, parce qu'une erreur de sens ne produit pas un résultat absurde mais un résultat inversé, souvent plausible.
Deux conventions coexistent. Certaines sources publient combien d'unités étrangères pour un euro ; d'autres combien d'euros pour une unité étrangère. Les deux nombres sont l'inverse l'un de l'autre.
La Banque centrale européenne retient la première : ses chiffres se lisent toujours comme un nombre d'unités par euro. Un tableau qui affiche le dollar autour de 1,08 dit donc qu'un euro vaut 1,08 dollar, pas l'inverse.
Le test de bon sens marche presque toujours : si vous savez qu'une livre sterling vaut un peu plus qu'un euro, un chiffre de 0,85 pour la paire ne peut être qu'un nombre de livres par euro.
L'unité de cotation
Certaines monnaies sont cotées pour 100 unités, pas pour une. Le prix affiché est alors celui de cent yens, cent forints, cent wons. Rater cette colonne fausse tout d'un facteur cent, et le résultat reste crédible à l'œil — c'est développé dans l'unité de cotation.
La date, et sa validité
Un tableau de cours a une date de validité, pas seulement une date de publication.
Les taux de référence de la Banque centrale européenne sont publiés chaque jour ouvré vers 16 h 00, heure d'Europe centrale. Il n'y en a ni le week-end, ni les jours de fermeture du système de paiement européen : la valeur en vigueur reste alors celle du dernier jour ouvré.
Certaines listes ont un rythme entièrement différent. Pour la valeur en douane des marchandises importées, l'Union européenne utilise le taux constaté l'avant-dernier mercredi d'un mois, appliqué pendant tout le mois suivant. Un importateur qui règle un fournisseur le 12 du mois n'utilise donc ni le cours de ce jour-là, ni celui de sa banque.
D'où viennent les chiffres
Une liste sans source ni horodatage n'est pas une liste : c'est un nombre. Deux sites peuvent afficher des valeurs légèrement différentes pour la même paire au même moment sans que l'un se trompe, parce que les relevés ont été faits à quelques instants d'écart. Ce qui doit être indiqué, c'est quelle source et quel instant.
Une paire qui n'est cotée par personne directement mérite une attention supplémentaire : elle a été recalculée, et le résultat dépend du chemin suivi. Voir le taux croisé.
Cinq questions, et le tableau est lu
- Est-ce une liste de référence ou une liste commerciale ?
- Dans quel sens la cotation est-elle faite ?
- Quelle est l'unité : 1, 100 ou 1 000 ?
- À quelle date et à quelle heure ce chiffre se rapporte-t-il ?
- Quelle colonne me concerne — acheteur si je vends, vendeur si j'achète ?
Sur ce site, chaque page de devise indique la source et l'horodatage du relevé, et le convertisseur travaille sur des valeurs déjà ramenées à une unité, quelle que soit la façon dont la source les a publiées.
Dernière mise à jour :
Articles liés

Le taux moyen du marché, et pourquoi personne ne change d'argent à ce taux
Le taux moyen est le chiffre que l'on voit partout et que l'on n'obtient nulle part. Voici à quoi il sert réellement, et dans quels cas il s'applique pour de bon.

Pourquoi le cours du guichet n'est jamais celui que vous aviez lu
Le taux de référence publié n'est pas un prix négociable. Ce que sont le cours acheteur et le cours vendeur, lequel vous concerne, et ce que l'écart vous coûte.

Pourquoi le yen paraît si bon marché — l'unité de cotation
Certaines monnaies sont cotées pour 100 ou 1 000 unités, pas pour une seule. Si on rate ce détail, toutes les conversions sont fausses d'un facteur cent.
Questions fréquentes
Le fonctionnement concret des taux de change : ce que publie exactement la Banque centrale européenne, pourquoi un taux croisé est un calcul et non une cotation, ce qui se passe entre le cours affiché et le débit sur un relevé de carte, ou comment lire un graphique sur douze mois. Chaque article part d’un chiffre vérifiable plutôt que d’une opinion de marché.
Non. Nous n’écrivons pas de prévisions et ne recommandons ni achat ni vente. Les articles expliquent des mécanismes et détaillent des exemples chiffrés à partir des taux de référence publiés. Les décisions financières relèvent de votre banque ou d’un conseiller agréé, et notre ligne éditoriale, décrite sur la page À propos, exclut tout texte rémunéré.
Sans calendrier fixe. Un article paraît quand il y a quelque chose de précis à expliquer, et les textes existants sont repris lorsque les données ou les règles changent. Nous corrigeons les erreurs de façon visible et modifions la date de dernière modification de la page concernée, conformément à notre ligne éditoriale.